Le pensionnat de Seika

Nous ne sommes qu'un pensionnat sans grande prétention... Du moins, en premier lieu. Bienvenue dans notre grande et belle famille. Bienvenue au pensionnat de Seika ! *calin collectif <3* (forum Yaoi/Yuri)
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 Des ombres et des démons [pv]

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Adriel Ward
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MessageSujet: Des ombres et des démons [pv]   Lun 29 Juin 2009 - 20:58

Adriel avait déambulé longtemps en sortant de la chambre de Katsu. Déambulé… sans but... quoiqu'en restant relativement prudent. Chaque ombre qu'il croisait rendait sa respiration haletante et son coeur affolé. Tant et si bien qu'il avait fini par croire le voir Lui. Pris de panique, il avait alors détalé comme un lapin à travers les couloirs jusqu'à atteindre le grand hall du pensionnat. Là, dans le noir, tout lui avait paru oppressant, des immenses dalles du carrelage glacé aux lustres disparates. Il avait voulu franchir les portes tant sa panique était grande. Après les avoir déverrouillées et en avoir poussé de l'épaule les lourds battants, qui avaient grincé comme une âme morte, Adriel s’était enfui dans la nuit. Enfin "enfuir" était un bien grand mot, vu qu’il ne connaissait encore qu’un bout du grand pensionnat. A force de marcher, il avait fini par arriver devant un bâtiment entièrement en bois, éclairé par les rayons de lune et se découpant étrangement sur le ciel sombre piqueté d'étoiles.

Dès qu'il entra à l'intérieur, l'odeur de foin mélangée à celle des chevaux lui chatouilla les narines. Le sol de pierres froides raisonnait légèrement sous ses pieds, lui procurent satisfaction: si quelqu'un entrait ici, il serait aisément averti et pourrait s'enfuir. Cependant, il fallait avouer que la noirceur du lieu contrecarra un peu ses plans... et s'il devait s'enfuir, comment le pourrait-il sans connaître les lieux, et qui plus est sans lumière ? Avançant à tâtons, son pied heurta quelque chose qui alla rouler un peu plus loin avec un bruit métallique. Après quelques recherches, il parvint finalement à mettre la main sur l'objet en question qu'il fit tourner entre ses doigts... ou disons plutôt entre les doigts moites de sa main gauche et l'attelle de fortune à sa main droite.


*Une lampe... enfin je crois... mais, est-ce que je l'allume ? Non... si je le fais quelqu'un me repérera à deux kilomètres à la ronde et ça affolera les chevaux... *

Il devenait complètement paranoïaque, il le voyait bien. Mais il n'arrivait pas à se défaire de la sombre impression que quelqu'un le poursuivait. Quelqu'un qui ne lui voulait pas forcément du bien. Un étrange sourire entre ironie et grimace de dégoût étira ses lèvres: c'était tellement drôle. Lui qui était si naïf et innocent avec les gens auparavant était devenu cette chose méfiante et prudente qu’il ne reconnaissait même pas !
Totalement épuisé par sa longue course, le ventre vide depuis trop longtemps et les idées embrumées, Adriel se releva doucement et reprit sa route. Il finit par buter contre un tas de foin propre, à en juger par l'odeur, où il s'effondra sans somation. Il était totalement vidé, toute énergie l'ayant déserté, et il s'endormit sans peine d'un sommeil agité et entrecoupé de cauchemars peu attrayants, comme chaque nuit depuis ce moment...

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Geoffroy Delbase
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Ven 3 Juil 2009 - 21:28

Geoffroy avait eu des journées difficiles et pleines d’émotion ces derniers temps. La rencontre simultanée entre le jeune Esaiah et mademoiselle De Bourg n’était pas les moindres… Ce jeune Hujika aussi, assommé par une balle de base ball, ainsi que la très polie ChiisaiHebi qui s’est avérée être juste en deuil mais d’une compagnie forte agréable. Bref beaucoup d’agitation et pas grand-chose à se mettre sous la dent… Encore heureux se disait-il…
Il rangeait tranquillement ses dossiers dans son bureau de l’infirmerie. Un endroit exigu, sombre et étouffant. Surtout en plein été. Quand l’envie lui prit de jeter un œil sur les écuries de Seika. Peu de pensionnats pouvaient se targuer d’avoir leur propre centre équestre. D’ailleurs cet établissement semblait posséder une multitude d’infrastructure hors du commun.

*Une sorte de centre pour déviant. Les rassemblés tous ensemble pour qu’ils se comprennent entre eux mais je ne vois pas l’intérêt*

Les deux pieds sur son bureau, se penchant légèrement sur la chaise, les mains croisés sur son ventre, il se tournait les pouces en réfléchissant. Le soleil pénétrait par la fenêtre minuscule derrière lui, soulignant l’ombre d’un vase affreusement moche dans lequel étaient plantés trois parapluies en carton. Se frappant les cuisses du plat de ses mains il se décida à sortir un peu. De toute manière les étudiants ne se bousculaient pas à sa porte. Une chance d’ailleurs parce qu’il n’y avait pas énormément de place dans le couloir, surtout depuis qu’il avait placé une superbe fougère contre un mur. Il se leva donc et prépara son petit sac de cuir qu’il trainait partout avec lui. Essentiellement parce qu’il avait toujours plus ou moins faim et qu’il y mettait ses vivres. C’est donc avec une pomme, une barre chocolatée, une petite salade enroulée dans un chiffon propre, ainsi que des couverts en bois plus ou moins résistants qu’il sortit de son bureau prenant bien soins de fermer la porte à clefs et de mettre une petite pancarte accrochée à la poignée.

« ATTENTION FOUGERE MECHANTE »

Sereinement Geoffroy partit direction les écuries en sifflotant un air inconnu de tout le monde et même de lui-même. Après quelques minutes de marche à travers le campus, enfin une odeur de foins vint lui chatouiller les narines.

« Ah ça y est mon grand t’es arriv…. Ben tin… »


Bien évidement il ne pouvait s’empêcher de se passer quelque chose sur la route du psychanalyste. Voyez vous vouloir s’étendre dans le foin, écouter les animaux, respirer les odeurs dégagées par les bêtes sont trois choses que la vie n’aime pas. Car en un mot cela signifie être tranquillement installé justement en train de savourer la vie. Et ça, elle n’aime vraiment, mais alors vraiment pas qu’on la savoure la vie. Surtout quand c’est Geoffroy qui tente de le faire. C’est pour cela qu’un pensionnaire à l’air maladif, une main bandée, des cernes sous les yeux susceptibles de servir de cave à vin d’un châtelain, avait été placé en plein milieu de l’écurie. Et en plus il dormait le bougre.

« Mais qu’est c’est que ça encore… Bon ben on y va… »

Avec toute la discrétion dont il était capable, Geoffroy s’approchât du corps du jeune homme. Usant d’une infinie délicatesse, ce qui est extrêmement déroutant venant de la part d’un homme qui assomme les gens avec des balles, Le psychanalyste souleva la main du garçon pour pouvoir l’examiner.

*Fracture des phalanges, le scaphoïde est intact tant mieux... Bon le bandage est bien fait et bien serré*

Accroupi devant le jeune homme il regarda son visage livide et émacié. Ses traits tirés, ses lèvres serrées. Tous les signes d’un intense choc psychologique. Il sortit de son sac la pomme et la barre chocolatée qu’il déposa à côté du pensionnaire avant de partir s’installer un peu plus loin pour déguster sa salade en attendant que le jeune homme se réveille.


Dernière édition par Geoffroy Delbase le Mer 15 Juil 2009 - 18:56, édité 1 fois
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Adriel Ward
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Sam 4 Juil 2009 - 10:48

*Une ombre s'avance vers lui, grandissant à vue d'oeil... il veux s'enfuir mais ses pieds ne bougent pas... son coeur bat, fort, jusqu'à lui en faire mal... il tente de reculer, ses jambes tremblent sous lui, le mur dans son dos… tout à la fois brûlant et froid ... il est coincé, il ne peut plus bouger… alors que l'ombre continue de grandir... elle arrive, un sourire d'un blanc éclatant encadré par deux canines aiguisées étire sa face... un rire machiavélique déchire sa gorge abyssale... elle s'avance vers lui... elle arrive ! Il ne peut pas bouger, il est bloqué par le mur... Elle vient par là ! Elle, elle...*

Whaaaaaarg

Le hurlement déchira ses tympans, l'éveillant brutalement. Les yeux écarquillés, Adriel se redressa à toute allure, soufflant, haletant comme une âme en peine. Le cauchemar, le même, encore une fois. Dans sa précipitation, il avait utilisé sa main blessée, et la douleur le ramena bien vite à la réalité. Avec un grognement et une grimace de douleur, le jeune homme reporta son poids sur son autre bras, le coeur cavalant toujours aussi rapidement. Avec une grande inspiration, il se pencha en avant, et se prit la tête entre les mains, tremblant comme une feuille... simple contrecoup de sa frayeur. Une fois de plus, son sommeil aura été très court, et l’adolescent se doutait bien que les cernes sombres sous ses yeux ne partiraient pas de sitôt. Respirant profondément à plusieurs reprises, Adriel parvint finalement à ralentir les battements de son coeur et à apaiser ses tremblements...

Ce ne fut qu'une fois calmé qu'il remarqua la barre chocolatée et la pomme déposées à ses côtés, et, inévitablement, la personne installée un peu plus loin. Avec un sursaut, la panique revint aussi aisément qu'une vieille compagne de route. Reculant précipitamment et laborieusement, il fallait bien le dire, sur le tas de foin, son dos heurta l'un des murs en bois de l'écurie. Le sang battait à ses tempes. Il ne connaissait pas grand monde au pensionnat... deux personnes, trois tout au plus, et il remarqua bien vite qu'il ne s’agissait d'aucune d'entre elles. Ce ne pouvait donc pas être Lui...

Avec un soupire, Adriel se détendit légèrement, restant tout de même sur ses gardes, des fois que... Après tout, la majorité des pensionnaires étaient des détraqués, et même si la personne qui lui faisait face semblait un peu trop âgée pour un être un, cela ne signifiait pas pour autant qu'elle n'était pas dangereuse. Une fois de plus, le jeune homme se demanda pourquoi son père l'avait envoyé là, bien qu'il n'ait alors aucun problème particulier... quoiqu'en y réfléchissant bien, il était vrai qu'il avait mené la vie dure à ses nombreuses familles d'accueil... mais quand même pas au point de se retrouver là, non ?

Il toisait l'homme, d'un regard inquiet où à sa crainte se mêlait inextricablement une part de curiosité. Il semblait plutôt calme, mais dans la pénombre des écuries ses traits étaient masqués, ce qui n'était pas pour rassurer l’adolescent, dont les yeux sombres scrutèrent rapidement les alentours pour trouver une éventuelle porte de sortie, juste au cas où...

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Geoffroy Delbase
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Lun 6 Juil 2009 - 21:08

*J’aurais du rajouter quelques pignons c’est tout de même meilleur*

Le cri du jeune homme lui fit lever les yeux de sa gamelle, apparemment il était plus que réveillé. Geoffroy le regarda reculer au maximum à sa vue jusqu'à buter contre la cloison des écuries. Oui Geoffroy avait souvent fait peur, mais pas au point de ficher les miquettes à un grand gaillard tel que ce pensionnaire et le faire reculer devant lui…

« Eh bé… Je suis satisfait de moi ! Pour une fois dans ma vie, un homme ne m'a pas dévisagé avec un air de profonde incompréhension, ou avec l’air de se demander si je suis un crétin congénital s’étant trompé de chambre. Voire pour certains cas carrément un patient qui se serrait trompé de salle d’examen mais ça c’est moins drôle. Essayez de faire comprendre à votre supérieur que vous êtes le type qu’il a embauché, alors même que vous venez juste de défoncer sa porte avec un brancard…. Longue histoire je
vous raconterez quand j’aurais le temps.
»

Il se leva péniblement et épousseta son pantalon des quelques brindilles qui s’étaient accrochées par ci par là.

« Oh mais dites donc c’est qu’il fait sombre ici…. Ah là ça va déjà beaucoup mieux. »

Il était sorti juste à l’entrée des écuries pour montrer son visage au jeune homme acculés dans son coin. Il lui fit un grand sourire et lui fit signe de le rejoindre avec la main. Notre psychanalyste cherchait à se montrer le plus pacifiste possible… Mais de toute manière aucun psychopathe, ou déjanté du ciboulot avec trois grammes de charisme, ne ferait un grand sourire après s’être enfilé une salade à base de
betteraves…

« Aller ramenez vous, j’ai le soleil dans la figure. N’oubliez pas la barre de chocolat et la pomme aussi. Il ne faudrait pas qu’un cheval tombe dessus. Et heu… Ah zut si j’oublie ma besace aussi… »

Et oui quand on n’a pas de tête on a des jambes… Et quand on est Geoffroy, on se fracture à demi le crâne sur une cloison parce qu’on ramasse un sac dans la pénombre. On crie tout un tas d’insanités et on récupère son sac en râlant pour s’éloigner en se massant le crâne. C’est tellement beau la vie d’un homme distrait.

« Bon je disais donc je crois que j’ai un peu d’eau aussi si vous voulez… »
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Adriel Ward
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Mar 14 Juil 2009 - 23:12

Devant la flopé de paroles que lui adressa l'homme, et qui semblait ne jamais pouvoir s'interrompre, Adriel ne put que rester immobile, les yeux écarquillés.. mais qui était donc ce taré ?! Au vu de l'endroit où il se trouvait, et même si l'individu ne semblait pas spécialement dangereux, il ne réussit pas à se départir de sa méfiance. Le phénomène qui se déroulait face à lui semblait avoir été tiré d'une pièce de théâtre comique de très mauvais goût, tant et si bien que cela ne le rassura en aucun cas.

Lorsque l'homme s'avança vers l'entrée, Adriel remarqua que le soleil pointait à présent à l'extérieur: lorsqu'il avait atterri dans les écuries, la nuit n'était que très peu avancée.

*J'ai du dormir un long moment alors... mais en même temps j'étais tellement crevé que ça ne m'étonne qu'à moitié.*

Le visage du visiteur ne semblait pas particulièrement âgé à la lumière, et son manque de maturité apparent (ou du moins est-ce comme cela que l'adolescent qualifia son air niais) ne faisait que rajeunir encore ses traits. Sans compter que son sourire ne semblait pas très... frais ? Oui, disons cela comme ça. Dans tous les cas, sa paranoïa était encore trop présente pour qu'il considère cet homme comme un "ami", même si son estomac ne pouvait s'empêcher de lui crier son mécontentement face à la nourriture qui traînait encore près de lui.

A l'invitation subite de cet énergumène, Adriel ne pu retenir un nouveau mouvement de recule. rien que les rayons qui filtraient jusqu'à lui lui donnaient le vertige, il s'imaginait donc très mal s'y frotter directement... sans oublier que sa peau très pâle par un manque d'expositions prolongées à sa chaleur ne les supportaient pas non plus...

Le choque qui eut lieu lorsque l’homme se cogna ensuite en récupérant son sac fit sursauter l'adolescent, le confortant dans l'idée qu'il n'avait absolument aucune envie d'accompagner cet étranger où qu'il aille.


C'est très gentil, mais je crois que je vais rester là...

Sa voix était rauque et cassée, et sa gorge sèche n'aurait effectivement pas rechigné à rencontrer un peu d'eau, mais de toute façon rien ne pressait tant il s’était habitué à cette sensation, et il n'irait sûrement pas s'exposer devant qui que ce soit.

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Geoffroy Delbase
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Mer 15 Juil 2009 - 12:46

Sans prêter plus d’attention que cela au pensionnaire, notre psychanalyste sorti de sa besace la bouteille d’eau fraiche et en but une rasade avant de la jeter sur le sol près du jeune homme afin qu’il se désaltère.

« J’ai du mal à comprendre les personnes qui ont une voix de corbeau multi centenaire sorti tout droit de sa tombe trop humide. Vous me feriez plaisir en buvant un peu d’eau. »

Il s’installa confortablement dans l’herbe, les jambes croisées, exposant son visage au soleil avant de poursuivre.

« Et par la même occasion vous pourriez aussi m’aider à comprendre pourquoi c’est à moi de me présenter en premier à chaque fois… Vous me direz c’est peut être parce que c’est toujours moi qui prends les gens au dépourvu ; et je vous répondrais alors que ce n’est pas une raison et que j’ai le droit moi aussi de me présenter en second, et donc vous me répondrez plus tard parce que je suis en train de m’égarer là…

Donc Je suis Geoffroy Delbase, français arrivé récemment dans le pensionnat de Seika. J’exerce la profession de psychanalyste dans l’enceinte de cet établissement. 24 ans, 1m74 pour 70 kg, quel bel homme n’est-il pas ? Actuellement en balade dans les écuries pour apprécier les équipements sportifs du bâtiment précédemment nommé.

Ainsi la colère divine, ou encore le destin impitoyable, ou bien les forces de la nature n’appréciant guère la recherche de quiétude par un imbécile solitaire.

Bref tout un tas de lois, de règles, et autres boutades que l’univers affectionne particulièrement, m’ont fait arriver jusqu'à vous. Jeune homme à la main cassée, aux yeux fatigués et au front ridé. Mon esprit c’est donc affolé, et ma science excitée, à la folle idée, qu’un triste danger pouvait en tout état de cause déclencher une Pseudarthrose. »


Un petit rire lui échappa du gosier. Bien construit et complètement stupide. Ce qu’il préférait pardessus tout dans la langue japonaise c’était toute les possibilités qu’elle offrait au poète raté.

« En bref j'ai ausculté votre poignet pour vérifier qu’il ne risquait pas d’y avoir de complication par la suite mais je vous conseille d’aller voir un médecin au plus vite pour qu’il vous mette un plâtre. C’est pour cette raison que je vous enjoins à manger cette pomme et cette barre chocolatée. Ainsi que de vous désaltérer comme il faut. »

Il patienta le temps qu’il fallu avant que l’impatience ne lui monte de trop aux narines, et elle lui monta très vite aux narines, c’était toujours comme ça avec Geoffroy soit il passait des heures à ne rien faire ou plutôt des heures à apprécier l’ennui à sa juste valeur. Mais une fois qu’il avait commencé un truc il fallait que ça bouge, que ça vive, pas forcément à deux cents à l'heure, mais une réaction, quelque chose au moins.

« C’est à votre tour de vous présenter il me semble. Vous êtes Mr ? »
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Adriel Ward
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Mer 15 Juil 2009 - 14:47

L'adolescent regarda la bouteille d'eau rouler jusqu'à lui avec un mélange d'envie, due à la soif vicieuse qui le tiraillait sans pitié, et de crainte. Oui, de la crainte, toujours de la crainte, encore de la crainte. A croire que ce n'était qu'un pétochard à l'imagination certes très édifiante, mais un peu trop débordante. Après tout, qui sait ce qu'une bouteille d'eau peu vous faire ? Remarque, à part se lever doucement sur ses petites pattes pour venir l'attaquer, seule, ce n'était pas un grand danger... sauf si la personne qui venait préalablement de boire au goulot avait une maladie transmissible quelconque, ce qui était hautement probable vu l'énergumène. Aussi Adriel ne répondit-il à cette invitation que par un petit grognement, autant destiné à lui-même qu'à l'homme qui s'était installé sur l'herbe verte à l'entrée du bâtiment, pas encore assez loin à son goût.

S'ensuivit un nouveau flot de phrases sans queue ni tête auxquelles le jeune homme ne pouvait se dérober, et qui lui filèrent par ailleurs un atroce mal au crâne. Plissant douloureusement les yeux dans la pénombre protectrice qui l'entourait, Adriel tentait de distinguer plus nettement l'expression de l'homme qui continuait à bavasser des choses de plus en plus inintéressantes, et peu constructives, sur une histoire de colère divine, d'univers et d'il ne savait plus quelle idiotie. Comment était-il donc possible de parler ainsi sans même faire une pause pour reprendre son souffle ?! Aussi le jeune homme ne s'attarda t-il que sur les détails qui lui semblèrent important, laissant l'étrange personnage à son délire mélomane. Il parvint ainsi à réunir quelques informations, après un effort considérable pour les détacher du reste de ses paroles décousues...

Il disait s'appeler Geoffroy, ce qui lui parut un peu moyenâgeux bien qu'il ne soit pas en état de faire des commentaires, se "présenta" de la tête aux pieds, bien qu'Adriel n'en avait rien à péter, pour rester poli, était lui aussi français et... psychanalyste ?! Face à cette déclaration, Adriel se tint choît. Là, on lui faisait vraiment un blague... et une blague très douteuse qui plus est. Mais son regard stupéfait ne sembla pas avoir le pouvoir de faire taire l'individu, qui continua son discourt incessant sans lui prêter la moindre attention, avant de finir, enfin, en lui conseillant d'aller se faire mettre... un plâtre. Par ailleurs, à la simple idée qu'il ait pu l'approcher de si près, et sans que le pensionnaire ne s'en aperçoive, un frisson parcourut sa colonne vertébrale.

La nourriture ne lui disait rien, et le discourt du psychanalyste l'avait laissé aussi vide que s'il avait couru un marathon dans son état proche de l'anorexie. Aussi ne fit-il aucune remarque, laissant le silence reposant s'installer entre eux, nettoyant ses oreilles de tout ces caquètements insupportables. Lorsque l"homme osa briser cette atmosphère beaucoup plus apaisante, Adriel se retint de lui lancer un regard meurtrier... quoiqu'en définitive il ne se sentait de toute façon pas assez motivé pour exprimer un quelconque sentiment à son égard. Ainsi ne transparaissait sur ses traits qu'une sorte d'indifférence mêlée à la fatigue, seuls ses yeux laissant filtrer ses pensées, comme à leur mauvaise habitude.

Que lui avait-il demandé déjà ? Ah oui, son nom. N'ayant pas envie de répondre, car il savait qu'un simple nom pourrait permettre au psychanalyste d'accéder à son dossier, et donc à sa vie privée, l'adolescent se saisie lentement de la bouteille d'eau qui traînait à ses pieds, la cala tant bien que mal entre ses genoux afin d’en dévisser le bouchon de sa seule main utilisable. Il la porta ensuite à ses lèvres, sans quitter l'homme du regard, et but longuement. Son corps apprécia le liquide, et son ventre émit un petit gargouillis de contentement à peine audible. Quand enfin il eut terminé - emporté par la soif, il avait fini par la vider entièrement - Adriel se releva. Dénigrant une fois de plus la pomme et la barre chocolatée, chancelant légèrement, avant de se diriger vers la sortie... Il devrait passer devant l'homme et sous le soleil aveuglant avant de pouvoir se faire la malle, mais peut importait, il se sentait trop oppressé pour rester ici plus longtemps...


Merci pour l'eau, mais je dois y aller, quelqu'un m'attend.

Un gros mensonge exprimé d'une voix un peu plus claire quoique toujours éraillée, et qui lui permettrait de s'éclipser en douce sans froisser le psychanalyste... ou du moins l'espérait-il.

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Geoffroy Delbase
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Mer 15 Juil 2009 - 18:54

*Il m’énerve…*

Cependant il lui dit une phrase qui correspondait parfaitement au caractère de l’adolescent. Une phrase qui prendrait tout son sens si nous pouvions la mettre dans la même dimension que le regard de ces yeux foncés braqués sur le psychanalyste.

« Étranger, si passant vous me rencontrez,
et si par hasard vous désirez me parler,
Pourquoi ne me parleriez-vous pas ?
Et pourquoi ne vous parlerais-je pas ? »


Geoffroy se mit en tailleur devant la porte de l’écurie, cinq mètres le séparaient du jeune homme. Il baissa un peu la tête en fronçant légèrement les sourcils. Déjà son cerveau de psychanalyste assimilait les données transmises malgré lui par le pensionnaire. Il se tenait droit, du moins c’est ce qu’il essayait de faire paraitre, sans grand résultat par ailleurs la fatigue lui courbait l’échine. Dans la pénombre de l’écurie son corps prenait l’apparence d’un fantôme. Ses paroles bien que d’un ton neutre ne laisser aucun doute sur leurs tranchants. Il avait l’habitude de répondre de manière incisive aux gens, brutale. Exagérément.

Quand on passe son temps à avoir un masque il apparait que ce masque marque les traits du visage. Inconsciemment certes mais les détails ne vous trompent jamais. Prenez un homme affichant sa bonne humeur partout et tout le temps, son visage rayonnerait car les muscles de sa mâchoire auront eux aussi l’habitude de s’éclairer d’un sourire en un rien de temps. Dans les cas du jeune homme c’était exactement la même chose, son front et ses sourcils laissaient paraître une fâcheuse tendance à vouloir se froncer. Mais quelque chose de récent lui avait modifié très légèrement l’expression du visage, il avait apparemment plus tendance à prendre un pli soucieux ces derniers temps.
Bien sûr ce sont des détails infimes, mais Geoffroy avait été formé pour les reconnaître. C’est son boulot après tout.

Il ne bougea pas d’un pouce, le pensionnaire avait largement la place de passer et de partir il, lui laissait le choix. Mais ne dit rien quant au mensonge énoncé. Il se contenta de lever les yeux jusqu'à trouver les siens, et d’intensifier son regard de manière à bien lui faire comprendre qu’il n’était pas né de la dernière pluie. Ce pensionnaire avait fait preuve de plus de prudence que tout les autres réunis, il n’y avait pas eus de bravade, d’indifférence ou autre chose, juste la franche vérité même dans le mensonge.
Le regard serein et patient couleur vert sous bois affrontant celui foncé de la peur et du doute, les deux hommes se jaugeaient attendant une réaction, peu importe laquelle. Le psychanalyste n’était pas pressé, et puis quelque chose devait normalement se produire, à un moment ou à une autre cet adolescent réaliserait qu’il s’était enfui. La notion de compétition entre hommes était quelque chose d’instinctif. Presque d’animal. Si jamais le jeune adolescent se résignait à se laisser dominer cela signifierais qu’une seule chose. Il s’était réellement produit un événement qui l’avait marqué au plus profond.

Geoffroy faisait tout pour sembler être le plus facilement dominé dans ses relations entre les patients. Une stratégie pour les mettre à l’aise, pour qu’ils se sentent en confiance, qu’ils aient l’impression de maitriser la conversation. Alors il laissait faire jusqu'à un certains point. Jusqu'à ce qu’il sache qu’elles étaient leurs limites. Ou s’ils n’en avaient pas.
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Adriel Ward
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Mer 15 Juil 2009 - 20:03

Face aux mots du psychanalyste, Adriel se figea dans sa course... quoique non, en fait. Car non seulement il ne courrait pas, étant trop faible sur ses jambes, mais, en prime, il ne fit que s'arrêter d'avancer, se contentant de fixer l'homme assis à cinq malheureux mètres de lui... toujours trop près, mais enfin, il avait connu pire. L'adolescent n'aimait pas la façon dont il le regardait, droit dans les yeux, immobile... Tant et si bien qu'il se prit à frissonner sous ce regard, qui n'était pourtant ni agressif, ni inquisiteur.

Il devait bien y avoir deux mètres entre le psychanalyste et la porte la plus proche, ce qui signifiait que s'il voulait passer, il allait devoir rester prudent, hors de portée. Sans compter qu'il allait devoir lui tourner le dos à un moment ou un autre, et ça, il ne fallait même pas y compter.

Si l'homme n'avait pas l'air en position pour le retenir physiquement, Adriel avait fini, à ses dépends, par apprendre à ne sous-estimer personne. Il allait s'apprêter à avancer un peu plus, mais, malgré tout, son envie de passer outre cet étrange individu, qui continuait à chercher son regard chaque fois que lui-même détournait le sien, mourrait avant même de s'exprimer. Relevant légèrement la tête, il fut pris d'un nouveau vertige qui le déséquilibra un peu avant qu'il ne se stabilise à nouveau, les points noirs devant ses yeux s'estompant petit à petit. Ses pupilles sombres et cernées fixèrent à nouveau ce regard patient et déterminé, et sa gorge se noua, comme si l'eau qu'il avait bue un peu plus tôt s'était évaporée sitôt qu'il l'eut absorbée...


Est-ce que vous pourriez... vous... décaler...

Il ne finit pas sa phrase, laissant sa demande en suspens. C'était tellement pathétique, tellement... non c'était pire que pathétique, c'était complètement lamentable, il en aurait presque rit aux éclats face à toute cette ironie. Qu'était-il entrain de faire au juste ? De demander à un inconnu de se pousser, parce que deux mètres était la distance minimal qu'il pouvait encore supporter. Il leva sa main intacte et se la passa dans les cheveux, détachant par là-même son regard du psychanalyste pour le fixer au sol un court un instant...

...C'est pitoyable...

Il avait murmuré pour lui-même, exprimant ainsi à voix haute des pensées internes qui arrivaient encore à tourbillonner dans son cerveau, malgré la fatigue, malgré l'épuisement de plus en plus présent.

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Des rêves de nuages et de soleils qui se lèvent,
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Geoffroy Delbase
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Jeu 16 Juil 2009 - 21:49

« Non »

Il continua donc de le fixer posément, réfléchissant à la meilleure réplique susceptible d’infliger à ce garçon une telle dose d’adrénaline qu’il en oublierait sa fatigue.

« Non car vous voir ainsi, faible et lâche me répugne, votre sueur empeste la peur, vos jambes la faiblesse. Je ne m’écarterais pas pour laisser un pauvre type pas assez fier pour passer à côté de moi, mais suffisamment pour refuser des gestes de sympathie. »

C’était dit d’une voix lente mais lourde, sans jamais hausser le ton, tel une sentence s’abattant sur le pensionnaire. Geoffroy se contentait de l’observer patiemment, à l’affut du moindre geste pouvant trahir une quelconque émotion.

*Si seulement, il pouvait se réveiller, juste se débarrasser de ce qui l’englue, se défouler, libérer par là même ce qui le ralentis. C’est presque un cas d’école. Déclencher de fortes émotions susceptible de briser la prison de l’inconscient.*


Geoffroy détestait employer ce genre de méthode en générale, mais il faut reconnaitre que cela apporter quelques résultats. Le problème c’est qu’ils étaient souvent incontrôlable.
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Adriel Ward
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MessageSujet: Re: Des ombres et des démons [pv]   Jeu 16 Juil 2009 - 22:22

En entendant la réponse négative du psychanalyste, Adriel releva la tête. Sa main jusqu'à présent perdue dans ses cheveux d'ébène glissa lentement sur son visage avant d'aller pendre nonchalamment le long de son corps. Pourquoi lui infligeait-il ça ? Etait-ce tout bonnement une feignasse ou l'homme avait-il une idée derrière la tête ? Dans tous les cas, cette réponse laissa l'adolescent pantelant. Après tout, comment aurait-il pu réagir ? Il ne comptait pas se mettre en colère, étant de toute manière trop exténué; et il n'en voyait par ailleurs pas l'utilité. Il ne voulait pas se pousser ? Soit, qu'il ne le fasse pas, qu'est-ce qu'Adriel pouvait bien en avoir à faire ? S'il partait maintenant, au final, il se retrouverait toujours dans cette même situation, à un autre moment, face à une toute autre personne... en espérant qu'il ne tombe pas sur son vieux démon, ce qui aurait fini par l'achever sérieusement...

*Alors quoi ?*

L'individu continua son discourt après une courte pause, qu'Adriel jugea trop brève à son goût étant donné ce qu'il contenait... faible ? Lâche ? C’était tout à fait ce qu'il était, mais mis à part un léger picotement, voir ces mots prononcés dans la bouche de quelqu'un d'autre ne lui fit ni chaud ni froid. Il n'arrivait pas à faire autrement, de toute façon, alors à quoi bon chercher à aller contre son instinct ? Ce n'était cependant pas très agréable à entendre… mais d'un autre côté, ce que le psychanalyste pouvait penser de lui, si c'était bien le cas, ne lui importait pas plus que ça... un petit sourire moqueur étira par ailleurs furtivement ses lèvres avant de disparaître aussi rapidement qu'il était venu. Il ne se sentait pas assez en forme pour provoquer l'étranger, cependant, il fallait avouer qu'il avait, au fond, réussi à l'agacer un chouya...


... Pour rester poli, je dirai que j'en ai rien à péter...

Les mots étaient sortis tout seuls d'entre ses lèvres sèches, avant qu'Adriel n'ait pu les retenir, accompagnés d'un léger hochement de tête sur le côté invitant l'homme à se pousser. L'adolescent s'étonna lui-même devant tant de hargne malgré le peu d'énergie qui lui restait encore. S'il avait auparavant l'habitude de s'exprimer ainsi envers quelque adulte que ce soit, il aurait tout de même cru que le semblant de mutisme dans lequel il avait plongé depuis peu lui aurait épargné une telle réaction, fantôme de son impulsivité d'antan probablement.

Maintenant si vous voulez bien vous pousser, je vous ai dit que j'avais quelqu'un à voir, et ce n'est pas en restant là avec un barge que les choses vont s'arranger.

Là, il fallait avouer que ça le cloua lui-même sur place. la phrase était sortie une fois de plus d'elle-même sans qu'il ne puisse ravaler ses mots, et malgré sa voix cassée, il sentait bien qu'ils n'en étaient pas moins incisifs...

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Des ombres et des démons [pv]

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