Le pensionnat de Seika

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 Quand l'apocalypse débarque [mi-pv mi-libre]

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MessageSujet: Quand l'apocalypse débarque [mi-pv mi-libre]   Ven 1 Mai 2009 - 12:21

« Je maintiens que c’est une idée aussi stupide que ridicule. Et je me fiche de savoir que ça veut dire la même chose. Une seule remarque, et je te frappe. »

Tels furent les premiers mots qui marquèrent l’entrée de Charlie dans le pensionnat. Elle traînait derrière elle sa lourde et imposante valise, remplie du kit de survie dont il était impensable qu’elle se sépare. Vêtements, bien entendu, mais aussi matériel informatique, livres, confiseries en tout genre et autres broutilles typiquement féminines. Quant à savoir ce que la jeune femme trouvait stupide, c’était assez simple. Rappelons au passage qu’elle était connue dans son entourage pour être la râleuse de service, et ce n’est pas ce qui allait changer aujourd’hui. Surtout quand elle avait l’occasion de défouler ses nerfs, ça se passait généralement contre quelqu’un qui ne l’avait pas mérité. Et là, Geoffroy était devenu sa cible. Comme quoi même en grandissant, certaines choses ne changent pas. Donc, ce qui l’insupportait en ce moment-là, c’était la simple idée de devoir enseigner à des dépressifs.

Notons-le bien, les dépressifs, et bien, ils sont dépressifs. Donc ils songent à tout, sauf à étudier. Et ce qui était presque pire, c’est qu’en plus, c’était des adolescents. Or, Charlie n’était pas devenue professeur dans le but d’enseigner à des marmots, mais à des adultes. Que voulez-vous, y’a plus de respect chez les jeunes de nos jours, ma bonne dame. C’était donc passablement énervée qu’elle avait embarqué dans l’avion qui faisait le trajet Paris-Tokyo. L’avion, le mode de transport qu’elle détestait. Franchement, quelle idée de partir au Japon, mais quelle idée ! Alors, au milieu du hall, elle stoppa net sa trajectoire, bien décidée à éclater. Au risque de faire peur aux possibles personnes qui passeraient dans le coin, et aussi de passer pour une hystérique totalement folle.

« Et puis c’est complètement idiot. Ni toi ni moi ne parlons un seul mot de japonais, et s’ils ont besoin d’un professeur d’anglais, j’imagine même pas leur niveau dans cette langue-là. En plus c’est super moche, on se croirait dans un vieux film glauque. Ils cherchent quoi ? A faire peur à ceux qui arrivent pour qu’ils repartent aussitôt ? »

Il fallait reconnaître que du carrelage façon damier d’échiquier, c’était pas vraiment une super décoration, avec une rare plante verte qui traînait dans un coin de la salle et juste une sorte de tableau d’affichage. Charlie se rappela soudainement à quoi cette pièce lui faisait penser : une salle d’attente d’administration, genre la Sécu ou la CAF, les gens qui passent leur journée à attendre en moins. Elle se rapprocha du panneau, espérant y dénicher une quelconque information. Peine perdue, c’est sourcils froncés qu’elle revint vers sa valise. Impossible de déchiffrer quoi que ce soit qui était affiché, encore et toujours du japonais. Bientôt, elle ne pourrait même plus supporter d’entendre quelqu’un lui parler cette langue. Ça allait devenir pire que la musique affreuse qu’Emma lui avait fait subir pendant sa crise d’adolescence.

Presque désespérée, sentant en plus un mal de crâne pointer le bout de son nez, elle décida de se tourner vers Geoffroy. Peut-être que pour une fois, il aurait une idée brillante qui les sortirait de la mouise dans laquelle ils étaient plongés jusqu’au cou depuis qu’ils avaient posé le pied sur le sol japonais. Et à cette pensée, Charlie se dit qu’elle devait vraiment être à bout pour en venir à demander quelque chose au gros nounours.
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Geoffroy Delbase
Psychanalyste


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Date d'inscription: 18/11/2008

MessageSujet: Re: Quand l'apocalypse débarque [mi-pv mi-libre]   Ven 1 Mai 2009 - 12:59

Et gnagnagna et gnagnagna.
Dans le genre voyage apaisant, c’est fantastique les progrès que l’on peut faire de nos jours. Prenez un avion, un nouveau boulot dans un coin où la langue est extrêmement déstabilisante, de nouvelles responsabilités et comme compagnon une jeune fille qui a la fâcheuse manie de s’angoisser toute seule et de râler sur les autres. En gros le rêve d’un psy…

« Une idée ? Ouais tu crois qu’ils font les pâtes à la Carbonara dans le coin ? Où il faut que je commence d’ores et déjà à explorer la ville ? Oh ça va, je plaisante, commence pas à bouder… Laisse-moi réfléchir… Alors déjà si tu arrivais à énumérer tout le contenu de ta valise tu pourrais faire des progrès considérables en japonais… Mais ça j’imagine que ça n’aide pas. »

Le doigt sur les lèvres Geoffroy commença par poser son sac sur le sol avant d’observer les environs. Magnifique hall d’entrée, cela va sans dire, très grand très spacieux, et le ton mélodieux de la voix de Charlie pouvait encore s’entendre. De quoi intimider la plupart des gens.

« Moi je dis que la meilleure idée, c’est de trouver une femme avec l’air mauvais dans un cagibi de deux mètres sur cinq, entourée de vitres. A partir de là on aura trouvé l’accueil. »

Ne prenant pas garde à l’avertissement prenant la forme d’une grosse veine sur la tempe de Charlie. Geoffroy se mit en devoir de lui expliquer posément son point de vue en prenant le ton d’une maman face à un enfant de quatre ans.

« Il faut comprendre une chose la plupart des administrations mettent des gens dans une pièce et y colle comme nom « accueil ». Bien le but de cette pièce étant d’être adjacente à une autre. La seconde se voyant être en comparaison une sorte de sas où des dizaines de personnes pourraient rentrer en même temps. Donc nous devons trouver l’accueil, nous présenter, demander s’ils font les pâtes a la carbo ou, accessoirement, à voir le directeur pour que nous puissions nous présenter. A partir de là on devrait nous montrer nos locaux afin d’y déposer nos valises. »

Geoffroy illumina son visage d’un sourire montrant clairement à Charlie à quel point la lueur de fureur brillant dans son œil l’avait mis en joie.

« Juste un truc : un bain de sang alors que personne ne nous a encore vus pourrait être mal pris. Mais alors très très mal…»

Il fit discrètement un pas en arrière pour lui permettre d’esquiver toute sorte de projectiles et de prendre la fuite avec plus d’aisance. Les réflexes ont la vie dure quand on est ami avec Charlie...
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MessageSujet: Re: Quand l'apocalypse débarque [mi-pv mi-libre]   Mar 26 Mai 2009 - 18:50

La petite bouteille d’eau en plastique frôla de très près l’oreille droite de Geoffroy, puis alla s’écraser plus loin dans un bruit d’aplatissage de gobelet à en faire hurler les amateurs de sons agréables. Parce que franchement, le bruit d’un gobelet qu’on écrase dans une main, c’est un peu comme un craquement d’os, et c’est horriblement stressant. Même les poils de bras se hérissent dans ce genre de situation. Maintenant que sa seule source d’hydratation était loin d’elle, Charlie fulminait encore plus, tellement que de la fumée aurait pu sortir de ses oreilles ou ses narines, au choix. D’un pas conquérant, elle alla rechercher l’épave en plastique, et revint vers Geoffroy. D’un air vengeur, elle pointa la bouteille ou ce qui en restait contre le buste du monsieur.

« Juste au cas où tu aurais oublié, je vise très bien. Donc c’était intentionnellement qu’elle t’est passée à côté, c’est clair ? »

Puis désignant l’ensemble du hall

« Tu aperçois un aquarium toi ? Parce que moi non. Ça veut donc dire que j’avais raison et que cet endroit est très nul, parce qu’en plus de parler le japonais, qui, soit dit en passant, est une langue incompréhensible et super compliquée, il n’y a pas d’accueil pour les nouveaux professeurs et autres bouffons du roi. »

Vous connaissez les films catastrophes où genre un volcan éclate parce qu’il y a trop de lave et que ça fait pression, ou un truc dans le style ? On pouvait désormais considérer que le volcan Charlie allait rester en sommeil pour quelques heures. Elle s’éloigna de son compagnon d’infortune et jeta un coup d’œil à sa bouteille en piteux état avant de la replonger dans le sac qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Elle reprit sa valise en main et la tira un peu plus en avant vers un futur inconnu. Quitte à devoir être totalement perdus, autant l’être dans une autre part de la bâtisse, qui avait tout intérêt à être un peu plus accueillante.
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