Et gnagnagna et gnagnagna.
Dans le genre voyage apaisant, c’est fantastique les progrès que l’on peut faire de nos jours. Prenez un avion, un nouveau boulot dans un coin où la langue est extrêmement déstabilisante, de nouvelles responsabilités et comme compagnon une jeune fille qui a la fâcheuse manie de s’angoisser toute seule et de râler sur les autres. En gros le rêve d’un psy…
« Une idée ? Ouais tu crois qu’ils font les pâtes à la Carbonara dans le coin ? Où il faut que je commence d’ores et déjà à explorer la ville ? Oh ça va, je plaisante, commence pas à bouder… Laisse-moi réfléchir… Alors déjà si tu arrivais à énumérer tout le contenu de ta valise tu pourrais faire des progrès considérables en japonais… Mais ça j’imagine que ça n’aide pas. »
Le doigt sur les lèvres Geoffroy commença par poser son sac sur le sol avant d’observer les environs. Magnifique hall d’entrée, cela va sans dire, très grand très spacieux, et le ton mélodieux de la voix de Charlie pouvait encore s’entendre. De quoi intimider la plupart des gens.
« Moi je dis que la meilleure idée, c’est de trouver une femme avec l’air mauvais dans un cagibi de deux mètres sur cinq, entourée de vitres. A partir de là on aura trouvé l’accueil. »
Ne prenant pas garde à l’avertissement prenant la forme d’une grosse veine sur la tempe de Charlie. Geoffroy se mit en devoir de lui expliquer posément son point de vue en prenant le ton d’une maman face à un enfant de quatre ans.
« Il faut comprendre une chose la plupart des administrations mettent des gens dans une pièce et y colle comme nom « accueil ». Bien le but de cette pièce étant d’être adjacente à une autre. La seconde se voyant être en comparaison une sorte de sas où des dizaines de personnes pourraient rentrer en même temps. Donc nous devons trouver l’accueil, nous présenter, demander s’ils font les pâtes a la carbo ou, accessoirement, à voir le directeur pour que nous puissions nous présenter. A partir de là on devrait nous montrer nos locaux afin d’y déposer nos valises. »
Geoffroy illumina son visage d’un sourire montrant clairement à Charlie à quel point la lueur de fureur brillant dans son œil l’avait mis en joie.
« Juste un truc : un bain de sang alors que personne ne nous a encore vus pourrait être mal pris. Mais alors très très mal…»
Il fit discrètement un pas en arrière pour lui permettre d’esquiver toute sorte de projectiles et de prendre la fuite avec plus d’aisance. Les réflexes ont la vie dure quand on est ami avec Charlie...