Le pensionnat de Seika

Nous ne sommes qu'un pensionnat sans grande prétention... Du moins, en premier lieu. Bienvenue dans notre grande et belle famille. Bienvenue au pensionnat de Seika ! *calin collectif <3* (forum Yaoi/Yuri)
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 Enfin le jour se lève {Azilis}

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Himitsu
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MessageSujet: Enfin le jour se lève {Azilis}   Sam 4 Juil 2009 - 12:36

Il faisait beau dehors, très beau même. Le soleil brillait, une légère brise rafraichissait l’air et le temps sentait bon le printemps. L’été n’allait pas tardé à se manifester, et la demoiselle hésita un long moment avant de franchir cette porte qui menait au parc ainsi qu’aux autres infrastructures du pensionnat. Avant elle la franchissait tous les jours pour aller danser, mais depuis Sa disparition, elle ne restait plus que dans l’enceinte du bâtiment principal.

Cela dit une seule rencontre l’avait fait changé d’avis, ou du moins réfléchir. Après une longue période à broyer du noir et à se renfermer sur elle-même, Himitsu avait ouvert les yeux. Ce n’était pas la première fois qu’elle perdait un être cher, et même si son cœur en mourrait un peu plus chaque jour, elle se relevait tout de même. Alors ce fut avec cette idée de se changer intégralement les idées qu’elle se retrouva devant la porte menant au parc. Mais maintenant qu’elle y était, sa résolution vacilla. Si seulement elle se trouvait encore en présence du psychanalyste ! Lui au moins ne faisait pas autant de caprices pour si peu…

La main de la demoiselle trembla légèrement quand elle la posa sur la poignet, et elle ne pu réprimer un souffle plus fort que les autres quand elle poussa la porte.
Un pas.
Puis deux.
Enfin elle sentit pour la première fois depuis longtemps la brise frôlant son visage, s’emmêlant dans ses cheveux. Elle ne put cela dit lever les yeux, ceux-ci clignèrent plusieurs fois d’ailleurs, car elle avait beaucoup de mal à s’accommoder à la lueur vive du soleil. Mais elle y arriverait, elle le voulait maintenant.

Lentement et silencieusement, elle entama une marche en direction des parterres de fleurs qui arboraient de magnifiques couleurs. Il y avait beaucoup de couples, notamment sur les bancs, et certains groupes d’amis qui s’amusaient avec un frisbee ou alors s’étaient installés en rond dans l’herbe pour discuter. Himitsu fut étonnée de constater que tout allait bien autour d’elle, c’était tout comme si la vie n’avait jamais cessé d’avancer. Elle s’en était écartée alors que d’autres la mordaient à pleine dent.

Elle continuait de regarder autour d’elle, sans vraiment savoir où elle allait ni même en vérifiant où elle mettait les pieds. Elle croisa plusieurs personnes, certaines seules d’autres accompagnées. Mais à chaque fois, elle se trouvait à une distance respectable pour leur laisser toute l’intimité dont elles avaient besoin. Sauf que…

Les yeux toujours rivés sur les fleurs, elle ne vit pas la personne qui se tenait tout proche d’elle, en face et qui apparemment, ne la voyait pas non plus. Sans crier gare, elle se retrouva étalée sur le sol, les mains instinctivement reportées en arrière pour amortir sa chute, et un léger cri d’étonnement franchit ses lèvres.

« Oh ! »

Durant plusieurs secondes elle ne vit que le ciel, et essaya de remettre ses idées en place alors qu’elles se focalisaient sur la petite douleur qu’elle ressentait au niveau des fesses et des mains. Son épaule aussi la lançait, là où elle fut percutée, mais ce n’était rien par rapport aux parties de son corps qui se trouvaient encore contre le sol caillouteux.

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Dernière édition par Himitsu le Ven 4 Sep 2009 - 14:43, édité 1 fois
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Azilis
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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Dim 19 Juil 2009 - 22:18

"Oh! Pardon, vous n'avez rien de cassé j'espère?"

Elle pivota sur ses talons et s'agenouilla près de la jeune fille, ses valisettes déjà posées à terre. Et dire que quelques instants plus tôt, elle s'apprêtait à réciter des insanités terribles à ce public meurtri! Heureusement, une rapide analyse de la situation lui avait fait comprendre que le malotru qui avait osé la bousculer n'était pas vraiment un malotru, et qu'il - elle en l'occurrence - n'avait visiblement eu aucune intention de manquer de civilité à son égard; elle avait donc ravalé vite fait son lot d'injures - de son cru - et composé un visage inquiet pour remplacer les plis de colère qui s'étaient formés autour de ses yeux.

"Tout va bien ?"

Décidément, ce pensionnat ne changerait jamais. Tout y était tellement... imprévisible! On en serait presque venu à deviner quand est-ce qu'un événement extraordinaire se déroulerait, et dans quelle partie de l'établissement il se situerait. Et tout ceci grâce à de jolies brochettes d'élèves et de professeurs... elle se souvint de quelques visages, de leurs noms parfois. En si peu de temps, on peut oublier tant de choses...

Elle cligna des yeux, chassant cette pointe de nostalgie passagère. Le vent faisait voleter les mèches blanches qui s'étaient défaites de sa coiffure; l'une d'entre elles se perdit devant ses yeux, l'infirmière la guida de ses doigts pâles vers le côté de son visage. Elle entendait des échos de voix, des morceaux de rire venant de tout autour d'elles. Elle sentait les effluves florales venant des parterres, l'odeur de l'herbe et des arbres d'un peu plus loin. Quelque part, un couple s'embrassait timidement, faisant mine de vouloir se cacher des autres; un jeune homme tournait les pages d'un roman qu'il rendrait en retard à la bibliothèque; un autre venait de remporter une partie de cartes - une fille s'occupait déjà de protester contre le tricheur.

Un instant lui suffisait pour changer d'état d'esprit. Comme quoi, elle avait vraiment eu raison de s'essayer au yoga tout en suivant sa formation... Qu'est-ce qu'elle faisait dans le parc, déjà ? Ah, oui, elle ne voulait pas déposer ses affaires tout de suite dans sa nouvelle chambre, c'est vrai... ni visiter l'infirmerie, qu'elle connaissait déjà - trop - bien, et dont elle aurait l'occasion de revisiter de fond en comble de très nombreuses fois. Le parc avait donc été sa solution-miracle à son envie d'échapper une dernière fois à ses responsabilités.
Elle posa sa main sur le bras de la jeune fille.

"Je suis infirmière."


[Deux ans sans rp... la reprise est délicate, j'espère que tu ne seras pas trop déçue =)]
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Himitsu
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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Lun 20 Juil 2009 - 16:43

[c’est parfait :)]

Une fois les idées remises en place, Himitsu leva les yeux sur la personne qu’elle venait de percuter. Son visage lui disait vaguement quelque chose, comme s’il appartenait aux murs sans pour autant le croiser tous les jours. Peut-être une ancienne élève revenu au bercail ? Elle la regarda plusieurs secondes, oubliant la question que la demoiselle venait de lui poser.

«
Ex.. Excusez-moi ?
Vous disiez ? »

Himitsu ne réussi qu’à relever le mot ‘infirmière’. Proposait-elle d’aller en chercher une ? Non, il n’y en avait plus depuis le départ précipité de Fûu. S’agissait-il d’une nouvelle alors ? Pourquoi pas.. Mais la demoiselle n’eu pas le courage de le lui demander directement. Elle posa une seconde fois ses yeux sur le visage pourtant quelque peu familier lorsqu’elle sentit une main sur son épaule. A ce moment-là elle remarqua qu’elle se trouvait toujours assise parterre, et que plusieurs élèves aux alentours la dévisageaient parfois avec inquiétude.

Les joues rouges alors, elle entreprit de se relever gracieusement. Cela lui fut naturel, grâce à la danse, et elle adressa à l’inconnue un sourire d’excuse.

«
Je suis désolée, j’étais dans mes pensées et ne vous ai pas aperçu devant moi. »

Un nouveau coup d’œil aux alentours lui apprit que plus personne ne leur prêtait attention. Elles étaient devenues deux simples jeunes femmes en train de discuter en plein milieu du chemin dans le parc. Himitsu tenta de se souvenir pourquoi elle se trouvait dans le parc et son courage face à l’adversité de la vie diminua quelque peu. A croire qu’il s’était accroché au sol sur lequel ses paumes avaient perdu des éraflures de peaux et qui la brûlaient doucement. Mais au moins elle restait calme et se contenta de regarder la personne en face d’elle.
Une fois debout, elle ne sentait qu’une faible douleur au fessier et Himitsu s’effleura les mains l’une avec l’autre pour retirer les petits cailloux encore coincés. Elle n’avait rien de grave, n’étant pas très lourde et habituée avec la danse, ses réflexes marchaient toujours.

«
Je peux vous aider peut-être ? »

Quitte à sortir de son quotidien morne et solitaire, autant commencer tout de suite, non ? Ses méninges tournaient dans tous les sens pour savoir d’où ce visage lui était apparu, mais l’on retient plus facilement les détails quelconques que les nouvelles ou personnes importantes. Une infirmière de retour de congés ? Non, Himitsu avait assez fréquenté l’infirmerie à l’époque pour connaître chaque membre de son personnel. Une ancienne élève alors ? Revenu en ce lieu par nostalgie ? Cette hypothèse lui sembla tirée par les cheveux…

Dans tous les cas, l’ex-danseuse resta plantée en plein milieu de l’allée, une main dans l’autre devant elle, le regard hésitant et l’attitude droite.


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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Lun 27 Juil 2009 - 14:06

« Ex.. Excusez-moi ?
Vous disiez ? »


La commotion cérébrale n'était peut-être pas à exclure finalement. Pourtant, elle n'était pas tombée sur la tête, Azilis en était quasiment sûre. A moins que son propre dos soit en acier... chose peu plausible, à moins qu'il ne s'agisse de l'éveil de ses pouvoirs jusqu'alors silencieux. A choisir, elle aurait préféré jouer avec l'électricité...

*... mais à quoi je pense?*

Le visage de la demoiselle semblait exprimer une certaine confusion à ses yeux, avec un petit air intrigué, comme si la jeune infirmière avait quelque chose sur le sien - soudainement prise par un terrible doute, elle arrangea sa frange et épousseta ses joues, à la recherche d'une quelconque imperfection.
Mais bien vite, elle fut tirée hors de sa sommaire inspection; la jeune fille, d'un joli rouge pivoine, s'était relevée -fort élégamment d'ailleurs-; souriante, elle s'excusa poliment, et Azilis ne put que lui rendre son sourire. C'est terrible, la bonne humeur, ça rend même les gens aimables...

"Je t'en prie, ce n'est rien."

Sa voix lui semblait même plus chaleureuse. Et ce tutoiement intempestif! Sérieusement, il allait falloir qu'elle se replonge dans ses livres de médecine si elle voulait garder un minimum de dignité face à ses futurs patients. Même si la perspective de passer encore des heures entières face à des morceaux de papiers reliés ne la ravissait guère.
... vraiment, il faudrait qu'elle fasse quelque chose pour son lunatisme... ça n'améliore pas du tout la concentration...
La demoiselle apparaissait en parfaite santé, elle procédait elle-même à une inspection de son état physique. Du travail en moins pour Azilis - ah, si seulement les gens savaient vérifier s'ils allaient vraiment mal ou non! Ça leur éviterait nombre de ses gueulantes lorsqu'ils la dérangeaient pour de simples courbatures.
Elle reprit la parole, et ses mots arrachèrent un nouveau sourire à l'infirmière. Elle semblait si nouvelle à l'établissement que cela ? Remarque, avec ses deux valises négligemment posées sur le sol, on pouvait se demander ce qu'elle faisait là; si elle cherchait où poser ses affaires, ce n'était certainement pas en haut d'un arbre qu'il fallait aller. Les méninges d'Azilis tournaient vite, et son opportunisme reprit le dessus très rapidement; ce qu'elle avait échoué à faire dans le hall, voici une occasion en or de le réaliser. Et allait-elle l'ignorer, faisant alors preuve de noblesse de cœur ?
La réponse était simple : non.

"A vrai dire, si ça ne te dérange pas", commença-t-elle, l'air aussi hésitante que si elle avait vraiment été désolée de profiter sous peu de sa proposition (*damnit, je l'ai encore tutoyée! Oh, et puis zut, je suis en civil, je referai attention une fois au boulot*), "je te serai très reconnaissante si tu m'aidais à transporter mes affaires jusqu'à l'infirmerie. Tu n'es pas obligée, bien sûr, c'est juste qu'ouvrir des portes avec les mains pleines n'est pas très agréable."

Elle ne l'avouerait jamais, mais il y avait quand même de la sincérité dans ses propos, à propos de la reconnaissance. Mais nul fourbe personnage n'admettrait pareille faiblesse d'esprit. Ce serait contraire à ses propres principes. Et la sympathie inspirée par ses victimes n'y changerait rien.
... à la rigueur, elle pourrait lui offrir une tasse de thé. Ce n'était pas comme renier sa nature profonde de méchanceté incarnée, n'est-ce pas ? ...si ?

"J'ai un thé excellent dans une de mes valises, et il y a toujours de quoi en préparer dans une infirmerie. Qu'en dis-tu ?"

[j'ai été un peu longue à répondre, désolée - ma première réponse s'est auto-détruite suite à une fausse manip', ce qui est particulièrement énervant >>]
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Himitsu
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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Mar 28 Juil 2009 - 15:38

Himitsu avait certainement vu juste. Il s’agissait bien d’une infirmière. Mais sa manière de se tenir en disait plus long sur elle que tous les mots de la terre. Elle n’était pas nouvelle au pensionnat, la brunette en jurerait. Cela dit, elle préféra n’en rien dire et se contenta de lui adresser un nouveau sourire (il devenait tellement rare de la voir avec une autre personne qu’elle-même qu’on pouvait croire que cette attitude s’était perdue !). Gracieusement, elle se pencha et attrapa une des valises parterre.

« Mais bien sûr ! Avec plaisir. »

La demoiselle jeta un regard autour d’elle pour se repérer et évalua la situation et la direction de l’infirmerie. Ce qui l’étonnait était le fait qu’elle ne connaissait pas vraiment la femme avec qui elle se trouvait. Son visage lui rappelait une sorte de nostalgie, sans pour autant qu’elle ne le connaisse. Lentement, elle fit les premiers pas vers le lieu prononcé pour engendrer la marche, patientant que la dame en face de même. Puis la marche commença dans un silence seulement troublé par un tout petit vent tiède.

« Pardonnez mon indiscrétion mais… Vous êtes nouvelle à Seika ? »

En général, cette question, elle ne la posait pas en regardant les valises des personnes qu’elle croisait en quête d’aide pour se retrouver dans le pensionnat. Mais là, son intuition la poussait à se montrer indiscrète, chose qu’elle ne se permettait jamais pourtant. A croire que les paroles du psychanalyste avaient vraiment eu un effet sur la demoiselle. Le monde reprenait peu à peu de ses couleurs et la solitude restait cloîtrée dans son petit coin. Himitsu n’avait pas prêté attention à la sensation de la brise sur sa peau depuis bien longtemps, elle ne se rappelait plus ce plaisir en sentant les rayons du soleil caresser ses bras et son cou, ni ses cheveux s’enroulant doucement sur eux-mêmes.


Un nouveau petit détail vint la frapper alors qu’elle marchait encore en compagnie de l’infirmière. Elle n’avait pas du tout croisé cette dernière entre l’entrée du pensionnat et l’infirmerie. Deux possibilités : soit l’inconnue s’était bel et bien perdue dans les méandres des couloirs du bâtiment et ensuite dans le parc, soit elle connaissait parfaitement les lieux et désirait revoir quelques endroits. Ou alors elle n’était pas pressée d’entamer son poste au sein du pensionnat et profitait de son arrivée pour visiter l’endroit.

« Etes-vous une nouvelle infirmière ?
Le dernier est parti depuis plusieurs mois, et cela m’étonne que la direction du pensionnat n’ai réussi à en trouver un que maintenant.
J’espère que vous n’avez pas peur des cas désespérés, notre psychanalyste a beaucoup de travail depuis son arrivée. »

Le cœur de la demoiselle battait à tout rompre. Elle n’avait jamais vraiment adoré parler pour ne rien dire, mais il y avait tellement longtemps qu’elle n’avait pas adressé la parole à un inconnu que cela lui fait du bien de parler de tout et de n’importe quoi. Et puis si la nouvelle venue n’en était pas à sa première visite du pensionnat, elle devait certainement apprécier apprendre des nouvelles de l’établissement.

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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Ven 4 Sep 2009 - 11:25

[hahaaa enfin!]

Le cliquetis des feuilles houspillées par le vent résonnait parmi les arbres, à peine caché par les bavardages des étudiants allongés dans l'herbe. Les rayons du soleil étaient doux sur la peau, et une impression de bien-être flottait sur le parc. Tant de choses s'y étaient passées, tant de choses allaient encore s'y produire. Un tourbillon d'événements qui s'entremêlent pour donner cette atmosphère à la fois nostalgique et vivifiante, teintant de leur légèreté - ou de leur gravité - les murs du pensionnat déjà lourds d'histoire...

Elle changea sa jambe d'appui, se déhanchant sur la gauche, bras croisés. Elle observa la jeune fille prendre une de ses valises, tout sourire, et elle lui rendit le sien. Curieuse demoiselle. Elles étaient de la même décennie, et pourtant celle-ci n'avait rien loupé de la gentillesse, et encore moins de la politesse. Politesse qui la dérangeait quelques peu; malgré les sourires, elle marquait verbalement la distance qui séparait les deux jeunes femmes. Azilis n'allait pas s'en plaindre, bien au contraire - être crainte et respectée était l'un de ses plus grands plaisirs, alors même si la crainte n'y était pas, elle jubilait intérieurement. Même si ça lui laissait également une impression étrange - elle se rendait compte alors que rien ne serait plus pareil, maintenant qu'elle avait changé de rôle.

"C'est très gentil à toi."

Au bout de quelques instants, elle se mit à la suivre, accompagnant le son des pas légers de l'étudiante avec le cliquetis durs de ses talons sur le sol caillouteux. Elle était contente d'être revenue, mais, comment dire ? Si la nostalgie était de mise, Azilis préférait se défaire de ces lieux le plus vite possible.
Lunatisme, quand tu nous tiens...
Elle fut tirée de ses pensées très vite par une nouvelle question, qui n'était, par ailleurs, pas anodine du tout. A nouveau, elle fit travailler ses zygomatiques.

"Je suis nouvelle... en tant qu'infirmière."

Les propos de la jeune fille l'amusaient beaucoup. Alors comme ça, ils avaient réussi à faire fuir le dernier infirmier ? Pas étonnant qu'on lui ait proposé un si joli salaire. Elle avait l'air assez lucide sur la situation du pensionnat - et cela confirmait ses soupçons : Seika avait toujours son lot de cas sociaux. Ils en étaient même venus à embaucher un psychanalyste... Elle réprima un petit rire.

"Je vois que certaines choses n'ont pas changé. C'est plutôt bien, ça met de l'ambiance - j'avais peur de m'ennuyer !"

Elle devança d'un pas assuré la jeune fille, l'air à la fois ravie et amusée, et atteint la porte du pensionnat en un rien de temps. Elle posa sa main libre sur la poignée, l'abaissa en douceur, et tira la porte vers elle d'un geste rapide mais, malgré tout, élégant. Elle se tourna alors vers son aide du moment, et reprit la parole dans un sourire malicieux - on a beau grandir en âge, il y a des choses qui demeurent insensibles au temps.

"Après toi, mademoiselle... ?"

Elle ne savait toujours pas son nom; elle l'oublierait sans doute, mais c'était toujours plus agréable sur le moment de connaître l'identité des gens que l'on accompagnait, ou qui nous accompagnaient.
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MessageSujet: Re: Enfin le jour se lève {Azilis}   Ven 4 Sep 2009 - 14:42

[n'ai rien dit :p]

Toute à ses pensées concernant les réponses de l’infirmière, la demoiselle en avait totalement oublié les règles de présentation. En fait, cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait parlé à personne que ces détails s’échappaient de sa conduite. Baissant les yeux en signe d’excuse, elle formula son nom à voix haute, ressentant l’étrange sentiment que l’on éprouve, en écoutant sa propre voix énoncer son propre prénom.

« Himitsu.
Himitsu Chiisei-Hebi, pour vous servir. »

Puis elle retourna l’hésitation de la jeune femme quand elle lui apprit qu’elle n’était que nouvellement infermière dans l’établissement, cela sous-entendait-il qu’elle y avait déjà vécu ? Plus les secondes passaient, plus la brunette s’enfermait dans cette idée catégorique, sans toute fois poser la question directement – signe d’impolitesse.
Puis elle accepta de prendre le devant, quand l’infirmière lui ouvrit la porte. Elle savait qu’elle n’avait pas besoin de la guider dans les couloirs pour trouver l’infirmerie, aussi ancienne pensionnaire qu’elle fut, les lieux n’avaient en aucun point changé depuis l’arrivée d’Himitsu, plus de cinq ans avant. Même la décoration restait la même, sans être défraîchie.

Enfin, elle reprit la conversation pour combler le vide nouvellement installé par ce changement de situation. Dehors, le soleil, la brise, les murmures des conversations alentours créaient une ambiance propice à la bonne humeur et aux sourires. A l’intérieur, les deux jeunes femmes ne croisèrent personne, et les longs couloirs vides pouvaient se montrer réticents à l’encontre d’un quelconque dialogue.

« Non, je ne pense pas que vous vous ennuierez ici. »

Puis la dernière remarque de la nouvelle venue fit tilt dans son esprit, et Himitsu en profita pour poser une question quelque peu hasardeuse, mais toute fois indiscrète de son point de vue.

« Il y a longtemps que vous n’êtes pas venue au pensionnat ? »

La brunette regardait droit devant elle, plus précisément le mur d’en face, n’osant lever les yeux sur son interlocutrice. Quand elles arriveraient à ce mur, elles devraient tourner sur la droite pour atteindre l’infirmerie le plus rapidement possible. Du moins s’agissait-il du chemin le plus court, peut-être que l’infirmière désirait avant tout poser ses affaires dans son nouveau local de travail. Ou alors choisirait-elle de prendre le couloir de gauche, pour se diriger vers les escaliers menant aux dortoirs, histoire de s’installer avant de prendre ses fonctions. Mais s’il s’agissait d’une ancienne élève, Himitsu devinait qu’elle se débrouillerait très bien dans ses choix de direction.

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