
Le pensionnat de Seika Nous ne sommes qu'un pensionnat sans grande prétention... Du moins, en premier lieu. Bienvenue dans notre grande et belle famille. Bienvenue au pensionnat de Seika ! *calin collectif <3* (forum Yaoi/Yuri) |
| | | Observation du ciel [pv Himitsu] | |
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Katsu de Bourgh Modérateur(trice)


Nombre de messages: 372 Age: 20 Localisation: Sur le toit. Sexualité: Hétéro Petit(e) ami(e): None. Date d'inscription: 30/09/2008
 | Sujet: Observation du ciel [pv Himitsu] Mar 28 Avr 2009 - 12:02 | |
| [Donc je fais comme si Fuû n’avait jamais existé. Katsu aura retrouvé sa voix d’une autre manière, mais c’est une autre histoire. Place au RP…] Assise sur le rebord du toit, les yeux fixant au loin l’horizon, Katsu essayait de ne pas penser aux évènements passés. Mais c’était comme une force invisible, et dans sa tête, les images, les sons, les paroles défilaient les uns après les autres, laissant la zizanie s’emparer du crâne de la jeune femme. Trois mois qu’elle était partie du pensionnat. Trois mois que la police française avait retrouvé le monstre. Trois mois qu’elle avait du passer à subir interrogatoires, face à face avec cet homme qui n’avait rien d’humain. Trois mois de procès, de témoignages. Trois mois pendant lesquels elle s’était sentie mourir encore une fois au fond d’elle-même. Les nouvelles n’avaient pas été bonnes, quand elle avait reçu la fameuse lettre. Elle avait fui sa chambre comme on fuit la peste. Elle avait été morte de peur, elle avait couru chercher de l’air à l’extérieur, se sentant comme étouffée par les murs qui l’entouraient. Elle avait trouvé Himitsu dans un état lamentable, et avait été incapable d’apercevoir ne serait-ce qu’une lueur à l’intérieur des prunelles de l’autre danseuse de celle qu’elle avait rencontré pour la toute première fois. Pendant quelques instants, elle avait essayé de la ramener de son désespoir, mais elle avait échoué. Encore une fois, Katsu avait échoué. Ça avait été comme une grande claque dans la figure, alors qu’elle y avait réfléchi, allongée dans le parc, tandis que peu à peu la nuit tombait, ce soir-là. Elle avait décidé de ne plus fuir. D’affronter ses responsabilités. Il y avait eu d’autres victimes. Il n’y avait pas eu d’autres survivantes. Le monstre devait payer pour ses crimes, il devait croupir en prison pour le reste de sa misérable vie. Mais lui qui se croyait si fort, qui se croyait Dieu face à toutes ses pauvres femmes, lui avait commis une erreur. Certes, une erreur minime, mais une erreur qui allait le faire plonger. Il avait été suffisamment malin pour ne laisser aucune trace d’ADN jusque là, mais probablement que l’excitation d’avoir violé et tué à nouveau lui avait fait relâché sa garde, comme le prouvait la salive que les experts avaient retrouvée sur le visage de la dernière victime. Un ADN qui se trouvait déjà être fiché dans les bases d’informations de la police. Au moment de l’arrestation, Katsu était déjà revenue en France. Elle était, après tout, la seule rescapée qui pourrait témoigner pour la partie civile. Elle dut tout d’abord reconnaître son violeur parmi plusieurs hommes. Malgré le masque qu’il avait porté, elle se souvenait des yeux, du regard qu’il avait. Elle le pointa du doigt sans hésitation, bien à l’abri derrière un miroir sans tain. S’était ensuivie toute une série de convocations afin de peaufiner son témoignage. Puis le procès avait commencé. La petite danseuse n’y allait vraiment que lorsqu’elle y était obligée. Autrement, elle passait ses journées assise sur le toit de son immeuble, à fixer au loin comme elle le faisait à présent. Elle se souvenait trop bien de la fois où elle avait du expliquer à l’avocat de la défense, une femme cinglante, pourquoi elle n’avait pas pu appeler à l’aide. Le juge avait même permis une démonstration. L’avocate avait paru beaucoup moins assurée lorsque, même emballé sous plastique, elle s’était retrouvée avec le couteau contre sa gorge. D’un soupir, Katsu essaya de chasser à nouveau ces souvenirs au loin. La nuit commençait à partir, et avec elle l’aube arrivait, faible lueur jaune à l’horizon. Elle venait juste de rentrer, après le long voyage en avion et les quelques heures de taxi. Ses grands-parents avaient bien proposé de l’emmener, mais elle avait refusé. Pour une fois, elle ne voulait déranger personne. Son sac sur l’épaule, elle avait grimpé lentement les marches et les étages pour monter sur le toit, presque certaine que personne ne s’y trouverait, mais qu’elle, elle y trouverait le calme. Une fois arrivée, elle avait posé son sac et était venue s’asseoir sur le rebord, appréciant la douceur de la nuit du début du mois de Mai. Quelques questions lui venaient à l’esprit de temps à autre : est-ce qu’Himitsu allait mieux ? Que devenait le jeune homme à la main cassée ? _________________ [Personnage parlant français et japonais] Je suis une fougère psychopathe   |
|  | | Himitsu Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Mar 28 Avr 2009 - 17:48 | |
| Il y avait des périodes, comme maintenant, où plus rien ne va. Himitsu broyait du noir comme jamais elle n’en avait broyé. Le départ d’Arthur l’avait totalement démoralisée, les non-réponses de Yuki à ses appels l’inquiétaient et la soudaine disparition de Katsu rendait la demoiselle plus seule encore qu’elle ne l’avait jamais été. Même Aléa se faisait discrète ces derniers temps. Himitsu avait peur. Elle se souvenait que trop bien de cette sensation d’abandon, de solitude, de mal-être qu’elle avait ressenti à la mort de Tenshi, et elle commençait à revenir sournoisement. A l’époque, quitter le manoir, sa demeure familiale lui avait semblé une bonne idée, mais aujourd’hui elle n’arrivait pas à se faire à l’idée de partir de Seika. Les êtres les plus précieux qu’elle aimait avaient continué leur chemin sans elle, et elle, elle les attendait encore et toujours…
Il y a des périodes, quand la vie vous oublie, où vous désirez oublier la vie. Alors vous passez le temps à ne rien faire, et la brunette n’arrivait même plus à se connecter à la réalité. Elle ne savait pas où elle mettait les pieds, mais qu’importe. Elle ne distinguait pas non plus ses camarades, alors bon. Qu’il fasse jour ou nuit, cela n’avait plus aucune importance. Ses pas l’entrainaient partout où bon leurs semblait. Seuls le gymnase et la salle de spectacle y échappaient, car la demoiselle savait parfaitement que si elle y mettait les pieds, c’est son cœur qui ne survivrait pas. Elle passait le plus clair de son temps enfermée dans une bulle, loin de tout. Manger lui était devenu une obligation vitale et elle se forcer à avaler ne serait-ce qu’une pomme par jour. Elle n’avait pas prononcé un mot depuis plusieurs jours et parfois, elle se demandait si elle serait encore capable d’émettre un son. Mais elle ne s’y essayait pas, à que cela aurait-il servi ? elle n’avait plus personne à qui parler.
Il y a des périodes, où même le temps n’a plus de contenance. Himitsu ne se souvenait même pas de la dernière goutte de pluie qu’elle avait vue ou ressentie, de toute manière, elle ne voulait même pas se souvenir. Elle remarqua pour la première fois depuis qu’elle s’était assise parterre les genoux contre sa poitrine, contre le mur du bâtiment soit à l’opposé des barrières de sécurité du toit qu’il faisait nuit. Pas un brin de vent pour lui donner froid, pas une seule étoile pour l’éclairer, c’était comme si elle rêvait, dans un noir d’ancre seulement éblouit par le reflet des lampadaires plusieurs mètres en-dessous, sur la terre ferme du parc. Une soudaine idée de panique s’empara d’elle. Comment était-elle arrivée là ? quand ? pourquoi ? Elle avait l’impression d’émerger, comme si tout d’un coup la vie avait reprit un sens, ou alors qu’elle réalisait enfin que la sienne pouvait éventuellement être en danger. Elle n’avait aucun repère horaire et elle fit de son mieux pour comprendre ce quelle faisait là.
Son attention fut tirée vers par un bruit sourd, comme si quelque chose de mou tombait. Puis une ombre noire se distingua devant la demoiselle, bien qu’assez éloignée de celle-ci. Un frisson d’appréhension parcouru la longueur intégrale de son dos. Après plusieurs seconde Himitsu réussi à détailler un peu mieux la nouvelle venue. Une personne, une jeune femme même, d’après sa façon de se tenir. Le faible éclat des lampadaires lui permit de distinguer un visage pâle, mais ses traits restaient flous du fait de la distance entre les deux jeunes demoiselles. Himitsu ne voyait que deux options, maintenant que le calme avait reprit sa part dans ses pensées. En fin de compte, elle en avait assez vu, et assez vécu dans ce pensionnat pour ne plus se laisser effrayer par une inconnue, surtout si cette dernière n’avait rien d’agressif. La brunette se demanda alors si elle pourrait s’éclipser sans bruit pour ne pas qu’on l’interroge ou si elle pouvait s’avancer et entamer un semblant de discussion. Mais à bout comme elle était, elle n’aurait pas réussi à ouvrir la porte du toit qui, malgré toute l’huile qu’elle imbibe, grince toujours, sans émettre le moindre son. Aussi, signaler sa présence lui paraissait la meilleure solution. Elle se racla discrètement la gorge, remarquant pour la première fois depuis plusieurs jours qu’elle était sèche. Puis, un peu plus fort, elle toussota pour inciter la nouvelle arrivée à se retourner. Pourtant, elle ne se leva pas, exprimant ainsi son souhait de ne pas entamer la conversation.
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|  | | Katsu de Bourgh Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Mar 28 Avr 2009 - 21:26 | |
| Le soleil ne formait qu’un minuscule croissant sur l’horizon, mais déjà le ciel se parait de couleurs vivifiantes. L’astre avait une couleur orangé, mais ses bords avaient pris des tons rougeoyants qui contrastaient avec les teintes froides du ciel. Autour de lui, un peu de rose, du violet aux frontières avec la nuit peu étoilée qui leur était offerte. Ça allait être une belle journée, radieuse même. Les pensionnaires en profiteraient sûrement pour la passer dans le parc, à flâner pour certains, à étudier pour quelques rares autres. Les couples allaient s’en donner à cœur joie pour étaler leur amour à la vue du monde entier, sans se soucier de ceux que cela pouvait déranger. C’en était parfois écœurant de sentimentalisme et de mièvrerie, mais c’est ainsi qu’aiment les adolescents. Les adultes, allaient savourer la tranquillité des bâtiments, du moins, c’est ce qu’ils faisaient généralement, toujours prêts à éviter les étudiants. Les jambes de Katsu se balançaient dans le vide au gré du vent. Il se levait petit à petit, mais n’était plus le vent froid hivernal auquel elle avait eu droit d’autres fois où elle s’était promenée dehors, alors que tous dormaient sagement dans leurs lits. Elle se donnait l’impression d’être une petite fille en se comportant ainsi, mais après tout, qu’est-ce que cela pouvait faire ? Et même si quelqu’un la surprenait, elle ne voyait pas en quoi ce qu’elle faisait était mal. En plus, elle méritait bien d’avoir quelques gestes d’insouciance. Elle n’avait pas eu une vie facile ces derniers temps, elle pouvait bien s’autoriser un comportement infantile. Du bout des doigts, elle tapotait le rebord de pierre au rythme de la musique qui tourbillonnait entre ses deux oreilles. Elle cligna des yeux, réalisant lentement que cela faisait presque une éternité qu’elle n’avait pas agi ainsi : comme une jeune femme normale. Elle était obligée de retenir les trop nombreuses mèches rebelles avec de multiples petites barrettes désormais. Maintenant, elle regrettait ses longs cheveux bruns, mais de les couper lui avait apporté une bonne surprise. Sa mère, qui ne les lui avait fait couper que rarement, lui avait donné en héritage ses longs cheveux raides d’asiatique. Finalement, il semblait que la branche paternelle génétique ait rattrapé son retard. Des boucles naissaient petit à petit sur les mèches les plus longues. Katsu retira les pinces, soufflant doucement sur les cheveux qui lui tombaient devant les yeux. Barrettes en main, elle les lança le plus loin possible devant elle. Personne ne les recevrait sur la tête normalement, puisqu’à cette heure-là, il était rare de croiser quelqu’un dans le parc. Les petits objets zébrèrent le ciel et allèrent s’écraser au loin, dans l’herbe, où elle les perdit de vue. D’ailleurs, la danseuse préféra lever la tête et observer la nuit quitter le ciel. Et comme il y avait peu d’étoiles, elle commença à les compter. Prenant appui sur le rebord avec ses deux mains, qui la maintenaient en équilibre, elle se pencha légèrement en arrière, toute à sa contemplation de l’étendue céleste. Positionnée ainsi, elle ne voyait absolument pas ce qui pouvait se trouver derrière elle, aussi sursauta-elle doucement en entendant le toussotement d’une personne dans son dos. Elle reprit sa position initiale, se contentant de se retourner que d’un quart de tour. La pénombre l’empêchait de distinguer autre chose qu’une silhouette accroupie dans l’ombre, il ne faisait pas encore assez jour. Impossible de dire s’il s’agissait d’un adulte ou d’un enfant, encore moins si c’était un homme ou une femme. Katsu lui adressa donc un simple signe de la tête en guise de salut, puis retourna à l’observation du ciel. Si la personne désirait lui parler, rien ne l’en empêchait, mais la jeune femme n’allait pas se mettre à taper la discute à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Son humeur était bien loin de s’accorder aux frivolités sociales qu’on pouvait attendre d’elle. _________________ [Personnage parlant français et japonais] Je suis une fougère psychopathe   |
|  | | Himitsu Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Mer 29 Avr 2009 - 18:20 | |
| L’attitude de l’inconnue confirma ce que pensait Himitsu ; elle ne voulait pas parler, et en aucun cas lui faire du mal. Très bien, ce comportement lui convenait parfaitement. Ramenée dans ses pensées donc, la demoiselle baissa les yeux sur ses genoux, puis elle y déposa le sommet de son front, entièrement recroquevillée sur elle-même. Elle se demanda depuis combien de temps elle se trouvait dans cette position, sans qu’elle n’en ressente aucune douleur physique. Cela faisait plusieurs mois qu’elle n’avait pas mis les pieds dans le gymnase, plusieurs mois qu’elle s’était promis d’arrêter la danse, plusieurs mois donc qu’elle n’avait pas fait d’effort conséquent et qu’elle se nourrissait très mal. Mais elle ne ressentait rien, comme si ses gestes habituels ne tenaient plus que du mécanisme. Etait-il possible de se transformer en machine à force de ne plus faire attention au monde qui nous entoure ? Himitsu pensait que cela pouvait se faire, la preuve étant son propre corps.
Cela faisait un bout de temps déjà qu’elle ne réfléchissait plus à ce qu’elle faisait. Parfois elle attrapait une feuille blanche et un crayon à papier et assise sur son lit, seule, sans un bruit, elle traçait des traits. En général, elle se souvenait des péripéties qu’elle avait vécues avec Kasenai, le professeur d’art-plastique. Mais il s’est avéré que même lui avait quitté l’établissement. Il était parti comme ça, sans rien dire à personne, emportant Sarah qu’Himitsu n’avait pas revue depuis très, très longtemps. Un nouveau coup pour la brunette, encore plus esseulée. Combien de fois avait-il essayé de la toucher ? Pourtant elle s’était attachée à lui, et à sa petite fille aussi, ce petit ange… Himitsu repensait également à la haine que portait Arthur envers le professeur. La première fois que ce dernier avait essayé de brutaliser l’ex-danseuse, Arthur lui avait promis une mort certaine et douloureuse. Malgré cela, Himitsu avait gardé contact et profitait des absences répétées de son ex-fiancé pour prendre des nouvelles de l’artiste et de son enfant. Elle se demandait si le jeune homme détestait autant le professeur, et s’il ressentait encore un peu d’affection envers elle s’il se remémorait cette scène…
Le toit était l’un des rares endroits qu’elle connaissait sans le souvenir de l’homme qu’elle aimait encore et toujours. Elle y avait été assez longtemps quand il ne revenait pas. Le gymnase restait leur lieu culte, leur lieu de rencontre et d’apprentissage. La salle de spectacle restait importante car c’était là-bas que la jeune femme retrouvait Yuki le plus souvent. Mais le toit restait le coin du pensionnat que la demoiselle connaissait lors de ses périodes de solitude.
Lentement, le soleil montait dans le ciel. Il n’y avait pas de nuage, juste une légère brise qui naissait à l’aube. Himitsu leva doucement les yeux vers cette voûte encore sombre mais rosâtre. Elle se demanda si Arthur le voyait où qu’il se trouve. Yuki devait certainement se remettre d’une de ses nuits de folie, et Katsu ? Où était-elle ? Pouvait-elle profiter de ce spectacle ou devait-elle encore subir les fantômes de son passé ? Sans même le remarquer, Himitsu posa son regard sur l’inconnue toujours installée devant elle. Son impression avait été la bonne, il s’agissait bien d’une demoiselle, un corps pareil ne pouvait qu’appartenir à une femme. Jeune certes, mais femme quand même. Et plus le temps s’éclaircissait plus cette position lui rappelait quelqu’un. En y mettant toute sa volonté, elle réussi à se lever, sans faire trop de bruit et d’un pas chancelant. Elle avait les sourcils froncés quand elle s’approcha de la balustrade. Puis, essayant de rassembler un peu de courage, elle posa sa main tremblante sur l’épaule de la pensionnaire. Etait-ce elle ?
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|  | | Katsu de Bourgh Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Mer 29 Avr 2009 - 20:25 | |
| La journée promettait d’être longue pour Katsu. Déjà, il lui faudrait aller vérifier que sa chambre était toujours disponible. Mais en même temps, elle y avait laissé la plupart de ses affaires, alors le personnel avait dû penser qu’elle reviendrait, au moins pour les récupérer. Et elle aurait pris la peine d’annoncer son départ. Après, elle partirait probablement à la recherche des gens qu’elle connaissait. Elle s’inquiétait pour le garçon solitaire. Il avait eu l’air bien trop perturbé, la fois où elle l’avait rencontré, pour ne serait-ce qu’essayer de s’en sortir. Et Himitsu… Dans quel état allait-elle la retrouver ? Est-ce que l’autre jeune fille était encore seulement dans le pensionnat ? Toutes à ses pensées, la brunette n’entendit ni l’ombre bouger de son coin, ni qu’elle s’approchait d’elle. La main qui vint se poser sur son épaule la sortit brusquement de sa rêverie, la ramenant brutalement à ses vieux cauchemars. Elle attrapa vivement le poignet de son agresseur et le tordit avant de se retourner et d’observer le visage pas si inconnu que ça. Les yeux gris, d’abord empreints d’angoisse, se radoucirent une fois la surprise passée. Katsu fixa quelques secondes Himitsu, pas certaine de reconnaître celle qui auparavant l’avait aidé, celle à qui elle avait confié son plus noir secret. Le temps passe vite, mais les changements qu’elle voyait, elle ne les aimait pas. Elle ne les avait que trop vus dans le reflet que son miroir lui renvoyait d’elle-même pour savoir quel mal rongeait la deuxième danseuse. L’interrogation qu’elle lisait dans le regard d’Himitsu l’étonna aussi, mais elle se rappela qu’elle n’avait contacté absolument personne depuis son départ, et que, toute occupée avec ses vieux démons, elle n’avait même pas pensé à prévenir les gens qui pouvaient se soucier d’elle ici, à Seika. Avisant le poignet toujours tordu par ses soins, elle relâcha sa prise avec un bref sourire en guise d’excuses. Un vieux réflexe dont Katsu aurait du mal à se défaire. Même s’il se retrouvait derrière les barreaux d’ici peu de temps, le violeur avait réussi à insuffler une certaine paranoïa dans les veines de sa jeune victime, et désormais, il lui était impossible de se laisser toucher sans tressaillir, encore moins quand on la surprenait par derrière. Himitsu aurait dû s’en souvenir, déjà lors de leur première rencontre, un simple toucher avait déclenché chez Katsu une véritable crise de panique. Elle s’apprêta à dire quelque chose, mais les mots ne voulurent pas sortir de sa gorge. Que dire ? Elle n’était même pas sûre de vouloir parler de quoi que ce soit aujourd’hui. « … »Incapable de regarder Himitsu plus longtemps – le trop-plein de désespoir qui émanait d’elle lui rappelait le sien – Katsu revint à sa contemplation du soleil. Le pensionnat réservait encore bien des surprises à ses résidents, la rencontre hasardeuse en était une de plus à son actif. La question désormais, était de savoir comment toutes les deux allaient se remettre d’aplomb, si elles y arrivaient. Mais cela, la brunette savait bien au fond d’elle, ne se produirait certainement que si elles avouaient chacune ce qu’elles avaient sur le cœur. Une lueur pensive scintillant doucement au fond des prunelles anthracite, elle invita Himitsu à s’asseoir près d’elle d’un tapotement de la main gauche sur le rebord du toit. Peu importe quand la discussion aurait lieu. Les retrouvailles n’étaient pas forcées d’être bruyantes. _________________ [Personnage parlant français et japonais] Je suis une fougère psychopathe   |
|  | | Himitsu Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Ven 1 Mai 2009 - 11:44 | |
| La première fois qu’Himitsu rencontra Katsu, elle avait une très grande envie de l’aider, et de lu parler. Mais la demoiselle s’était montrée réticente pour cette dernière activité. Aujourd’hui beaucoup de choses avaient changé dans la vie de la brunette, et son plaisir de la communication en était affaibli voire totalement inactif. Quand la pensionnaire lui tordit le bras, elle sentit comme une brûlure le longer, et reconnut là la douleur d’une foulure. Pourtant elle ne dit mot, se contentant de grimacer quand elle la lâcha. Elle n’avait pas la force de crier, et encore moins l’envie alors qu’elle se rendait compte de la retrouvaille qu’elle venait de faire.
Le silence était dominant, et Himitsu remercier silencieusement sa camarade de le laisser durer. Leur dernière entrevue aurait pu être l’ultime mais Katsu était revenue… Sans mot toujours, l’ex-danseuse s’assit maladroitement à côté de sa camarade. Son bras gauche était inutilisable et douloureux, et son manque de force ne l’aidait en rien. Mais elle s’assit tout de même, ne voulant pas se séparer si rapidement de sa voisine. Comme elle donc, Himitsu se perdit dans la contemplation du ciel.
Ce dernier changeait trop rapidement, comme à chaque aurore. Alors qu’il était sombre encore quelques minutes auparavant, le rose prenait de plus en plus d’importance et tirait sur un violet clair afin de terminer dans un dégradé de bleu. Cela promettait une belle journée, et qui dit belle journée sous-entendant sortie des pensionnaires, en groupe ou en couple. Mais il était encore trop tôt pour voir quelqu’un se balader dans le parc qui s’étendait sous leurs yeux. Les oiseaux eux-mêmes commençaient à peine à se réveiller. Certains virevoltaient déjà au gré de la brise légère, tous comme les cheveux d’Himitsu qui n’en faisaient qu’à leur tête. Elle ne les avait coiffés que d’un simple bandeau, pour ne pas qu’ils lui tombent sur les yeux, mais cela ne servait pas à grand-chose quand le vent se levait comme maintenant. Il ne durerait pas toute fois, car la demoiselle avait la ferme intention de passer cette journée-ci comme toutes les autres, soit confinée dans sa chambre. A moins que Katsu désire rester avec elle, auquel cas ses plans n’avaient plus aucune valeur.
Himitsu se demanda si sa camarade avait encore une fois perdu l’usage de la parole. Au quel cas elle comprenait qu’elle était retournée dans son pays d’origine pour son affaire juridique en cours, et son comportement prenait alors un sens bien concret. Mais pourquoi revenir à Seika dans ce cas ? Elle serait certainement plus libre de vivre sa vie, si jamais cette affaire avait pris fin. Mais la brunette ne posa pas sa question à haute voix, si Katsu voulait lui parler, elle était capable de le faire d’elle-même, et Himitsu ne tenait pas à s’immiscer dans ses affaires privées telle une commère indiscrète. Elle se rendit compte toute fois qu’elle avait besoin de prononcer quelque chose, ne serait-ce que pour souhaiter la bienvenue à la pensionnaire. Mais cela fut un exercice difficile. Elle chercha ses mots, pas trop longs, pas trop compliqués, car elle ne savait pas si elle était capable de les énoncer à haute voix sans ressentir les sanglots qui montaient dans sa gorge. Aussi inspira-t-elle longuement, se préparant à ressentir ce raclement habituel que l’on ressent quand on prend la parole. Elle ouvrit enfin la bouche, hésitante, mais désireuse de parler.
« Je suis contente que tu sois revenue. »
Ce ne fut qu’un simple murmure, prononcé dans un souffle et à peu près aussi audible que la brise matinale. Mais au moins elle avait réussi à le dire, après ses plusieurs jours de mutisme complet. Cela dit, elle ne se sentait pas la force de le répéter si jamais sa camarade ne l’avait pas entendue ou écoutée. En même temps Himitsu n’attendait aucune réponse, elle savait déjà que forcer la demoiselle à parler contre son gré n’était pas du tout la tactique à appliquer, et de toute manière, elle ne se sentait pas la force à entretenir une conversation.
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|  | | Katsu de Bourgh Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Sam 30 Mai 2009 - 9:23 | |
| Katsu s’était replongée dans ses pensées grâce au calme qui régnait. Elle réfléchissait beaucoup à son avenir depuis qu’elle savait que son agresseur allait probablement finir en prison. Quelque chose qu’elle avait cru jusque là impossible. Et maintenant, elle se mettait à penser à un possible futur. A Tokyo aussi, il y avait de grandes écoles de danse. Mais est-ce qu’elle aurait le courage de recommencer tout ça ? Elle ne le savait pas. Enfin bon, elle était une survivante, alors elle réussirait sûrement à se débrouiller, quel que soit le choix qu’elle ferait. Elle détestait ce mot : survivante. Ça lui rappelait que d’autres étaient mortes, mais pas elle, et aussi qu’elle ne vivait pas vraiment. Comme coincée entre deux mondes. Si ça avait été de la science fiction, ça aurait probablement été un genre de monde parallèle, mais là, c’était le monde réel. Et le monde réel était nul. Elle continuait de balancer ses jambes dans le vide. Ce simple geste la distrayait des pensées qui affluaient en masse dans sa tête, confuses, floues, en pagaille. C’était de plus en plus fréquent, et elle semblait n’avoir plus aucun contrôle sur son esprit. Généralement, s’en suivaient des migraines affreuses qui l’empêchaient de bouger tant son crâne était douloureux. Elle en sentait les prémices venir au moment même où Himitsu s’adressa à elle, si doucement qu’au début la jeune fille crut à un murmure du vent. « Je suis contente que tu sois revenue. » Katsu acquiesça pour elle-même plus que pour sa camarade. Elle aussi, elle était contente d’être revenue à Seika. Là où personne ne la regardait avec cette lueur de pitié et de compassion dans les yeux, là où on ne la traitait pas comme une victime, un témoin, une clé essentielle pour un projet. Là où on la laissait tranquille. Elle ramena une de ses mains posées sur le rebord du toit vers son visage et se frotta doucement les yeux, alourdis de la fatigue du décalage horaire et du voyage. Elle ne savait pas trop quoi répondre à Himitsu, et son mal de crâne empirant n’arrangeait pas les choses. « Je ne pouvais pas rester là-bas. »C’était une phrase qui à la fois en disait long et en même temps était tellement vague qu’elle était difficile à comprendre. La brunette releva ses jambes et les amena contre son corps. Elle passa ses bras autour de ses tibias et posa son menton contre ses genoux. Le soleil commençant à se lever l’aveuglait un peu, aussi ferma-t-elle les yeux pour éviter d’être totalement éblouie. Et puis ça la reposait aussi. _________________ [Personnage parlant français et japonais] Je suis une fougère psychopathe   |
|  | | Himitsu Modérateur(trice)


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 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Mar 2 Juin 2009 - 16:26 | |
| Himitsu n’ajouta mot à l’explication de sa camarade. Elle aurait tout aussi bien pu exiger des détails, mais elle savait par avance que Katsu n’était pas le genre de personne qu’on soumettait facilement. Si celle-ci désirait lui parler, elle le ferait d’elle-même, et Himitsu ne l’y forcerait en rien. Un long silence s’en suivit, sans qu’aucun regard ne soit échangé. La brunette admirait le ciel, de plus en plus visible, et certainement que sa voisine était plongée dans ses souvenirs. Elle était revenue, et cela diminuait quelque peu le sentiment de solitude de l’ex-danseuse. Maintenant ne restait-il plus que de trouver une nouvelle motivation, un nouvel objectif pour sortir de cette lente descente aux enfers. Elle n’avait pas vraiment le courage de chercher, mais il fallait tout de même se faire une raison.
Alors la demoiselle essaya tant bien que mal de revenir au monde réel, et cette fois d’y rester. Pas très facile quand toutes les personnes auxquelles elle tenait se sont enfuis… Pour une fois, elle tourna la tête vers sa camarade, et remarqua qu’elle non plus n’était pas en bonne posture. Un soupir de lassitude s’échappa de ses lèvres, alors qu’elle cherchait une résolution.
« Tu m’accompagnes prendre un petit-déjeuner ? »
Certes elle n’en avait pas vraiment envie, certes Katsu avait certainement autre chose à faire, mais au moins elle proposait quelque chose pour les occuper. Et puis si sa voisine ne voulait pas tant pis, elle proposerait de la laisser méditer tranquillement. Quand elle désirerait lui parler, elle savait où la trouver. Et si se confronter au reste de l’établissement pour avaler trois bouchées aidait à se changer les idées, il faut apprendre à se faire violence. Mais à cette heure-ci il ne devait pas y avoir grand monde debout… L’été approchait, donc certains préféraient largement s’échapper plutôt que de subir encore l’ambiance du pensionnat.
Himitsu n’avait encore esquissé aucun mouvement, elle attendait le feu vert (ou rouge) de sa camarade pour l’emmener ou la laisser seule. Sinon, si elle se retrouvait encore une fois enfermée dans sa propre solitude, elle irait faire un tour dans une des salles de classe déserte et consacrerait sa matinée au dessin. Après tout quitte à passer le temps, autant faire quelque chose qui lui plaisait.
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|  | | Katsu de Bourgh Modérateur(trice)


Nombre de messages: 372 Age: 20 Localisation: Sur le toit. Sexualité: Hétéro Petit(e) ami(e): None. Date d'inscription: 30/09/2008
 | Sujet: Re: Observation du ciel [pv Himitsu] Lun 22 Juin 2009 - 17:17 | |
| Le silence qui flottait autour d’elles n’avait rien de pesant ou de gênant, au contraire, il était réconfortant en quelque sorte. Et puis Himitsu interrompit ce même silence pour lui proposer de l’accompagner prendre un petit déjeuner. Le décalage horaire avait complètement perturbé son estomac, et pour dire vrai, la brunette n’avait absolument pas faim, ni l’envie de manger. Elle n’avait déjà pas l’envie de bouger du rebord du toit pour aller vérifier si sa chambre était toujours disponible – quoiqu’elle devait toujours l’être, si ses parents avaient bien prévenu l’administration du pensionnat – alors aller jusqu’au self lui semblait presque insurmontable. Quelques minutes passèrent sans que Katsu ne donne sa réponse, réfléchissant au pour et au contre, et comme Himitsu ne bougeait pas non plus, elle comprit qu’elle devait probablement attendre de savoir ce qu’elle désirait faire avant de partir. Alors, bien qu’elle sache pertinemment que rester seule serait plus un mal qu’autre chose, elle fit signe à Himitsu de partir sans elle. Elle cacha son visage dans ses bras, pour que la lumière arrête de rencontrer ses yeux et d’augmenter une migraine qui promettait d’être terrible. Elle n’entendit même pas si sa compagne était partie ou non, elle finit simplement par s’endormir dans cette position. Son sommeil dura à peine une dizaine de minutes, mais suffisamment pour qu’elle se sente un peu mieux. Quand elle releva la tête, Himitsu n’était plus là. Certainement partie prendre son petit-déjeuner, comme elle l’avait proposé à Katsu. La brunette resta à nouveau pensive quelques minutes. Finalement, elle se décida à partir voir l’état de sa chambre, et abandonna là sa contemplation du ciel. _________________ [Personnage parlant français et japonais] Je suis une fougère psychopathe   |
|  | | | | Observation du ciel [pv Himitsu] | |
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